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IA et UX design : mon retour d’expérience sur ce que l’IA et le vibe coding changent dans mon métier

J’ai toujours aimé l’UX design parce qu’il bouge et évolue avec son temps, ses usages, ses outils.
Je suis quelqu’un de curieuse, passionnée, un peu geek aussi. J’aime apprendre, me remettre en question, tester de nouvelles façons de faire et découvrir de nouveaux outils IA (Vibe coding).
Pas pour suivre une mode, mais pour comprendre ce que l’IA et le Vibe coding change réellement dans notre pratique d'UX Designer.
Alors forcément, l’arrivée d’outils comme Lovable ou Figma Make a immédiatement éveillé ma curiosité.
Je ne les ai jamais craints, ni perçus comme des outils destinés à me remplacer, mais plutôt comme de nouveaux leviers pour m’aider dans mon métier : comprendre ce qu’ils permettent, ce qu’ils déplacent… et surtout, ce que l’IA et le Vibe coding ne remplaceront pas en UX design.

Observer avant de juger (et reconnaître ses biais)

Quand de nouveaux outils IA arrivent, nos réactions sont rarement neutres.
Elles sont souvent guidées par des biais cognitifs, parfois sans même qu’on s’en rende compte :
• Le biais de statu quo (« on a toujours fait comme ça »),
• Le biais de négativité (« cet outil va me remplacer »),
• ou à l’inverse le biais d’innovation/nouveauté (« c’est nouveau donc forcément mieux »).
En tant qu’UX/UI Designer, c’est justement ce genre de réflexes que j’ai essayé d’éviter.
Plutôt que de juger trop vite des outils comme Lovable ou Figma Make (ces fameux app builder), j’ai choisi une posture familière en UX Design : observer, tester, comprendre avant de conclure.
Ces outils ne sortent pas de nulle part.
Ils répondent à des besoins très concrets : comment utiliser l’IA afin de réduire le temps de création, accélérer le prototypage, matérialiser rapidement des wireframes et maquettes ou transformer un brief en première version “présentable” (typique du vibe coding).
Et sur ces points, ils sont efficaces.
Mais très vite, une limite apparaît : Ils n’ont ni contexte, ni empathie, ni capacité d’arbitrage.
Ils exécutent à partir d’un brief. Ils ne challengent pas le problème et ne détectent pas les incohérences d’un besoin mal formulé.
Sans cadrage, sans recherche utilisateur, sans compréhension des usages, le risque est de produire des maquettes incohérentes : ça “a l’air” juste, mais...
On peut vite se retrouver avec des choix qui créent de la dette UX , des hallucinations en terme d'ergonomie et une cohérence qui explose dès qu’on tente d’aligner avec un design system (gouvernance, cohérence, industrialisation).
C’est là que j’ai vu réapparaître des biais très classiques, mais amplifiés :
le biais de vitesse, le biais de disponibilité et le biais d’automatisation.
Et forcément, ça m’a donné envie d’aller plus loin que le simple “outil sympa” : comprendre où ces solutions se complètent, où elles se contredisent, et même commencer à me poser la question de Lovable vs Figma Make (et, derrière, celle des “meilleurs outils IA” selon le contexte).

Ce que ces outils changent concrètement dans mon quotidien de designer

En les testant, je ne les ai jamais perçus comme des remplaçants.
Je les vois plutôt comme des assistants IA pour l’UX design, voire comme un deuxième cerveau 🙂
Un cerveau capable de produire plus vite, de proposer des alternatives ou des améliorations à partir de mes premières maquettes, ou encore de générer des pistes à partir d’un cahier des charges bien défini.
Que ce soit avec Lovable ou Figma Make, on retrouve la même promesse : accélérer l’exécution, générer des variantes, passer plus vite du brief au prototype.
Un cerveau très efficace et très rapide pour exécuter, explorer, générer, prototyper… mais qui n’a ni intuition, ni recul, ni compréhension fine du contexte. Et encore moins cette capacité à arbitrer quand le brief est incomplet ou politiquement sensible dans une organisation.
Concrètement, ces outils m’aident à :
matérialiser plus rapidement une idée que j’ai en tête, en passant du concept à une première version “montrable” (ce fameux pont entre intention et exécution),
• explorer plusieurs pistes sans foncer tête baissée sur le premier jet, souvent par manque de temps (générer des alternatives, comparer, itérer),
• me dégager davantage de temps pour la recherche quantitative et la recherche utilisateur, là où se jouent les vraies décisions pour la suite du projet,
• réduire la “perte de temps” liée à la production pure : déclinaisons de maquettes, prototypage, micro-ajustements.
Au final, ils facilitent certaines étapes du processus. Ils accélèrent la mise en forme.
Mais ils ne décident ou ne raisonnent jamais à ma place et c’est précisément là que se situe le cœur de mon métier : poser les bonnes hypothèses, challenger un besoin, détecter les incohérences, protéger la cohérence d’ensemble (notamment avec un design system)…

Ce que ces outils ne changeront pas

S’il y a bien un domaine où ces outils montrent rapidement leurs limites, c’est celui de la recherche utilisateur.
Ils peuvent générer des interfaces, proposer des variantes, accélérer la mise en forme.
Mais ils ne peuvent pas aller sur le terrain.
Ils ne peuvent pas écouter un utilisateur raconter son quotidien, ni lire entre les lignes, capter une hésitation, une émotion ou un non-dit. Et c’est précisément là que l’IA et le vibe coding en UX atteint sa limite : ils peuvent exécuter, mais ils ne peuvent pas vivre la situation, ni comprendre ce qui n’est pas dit.
La recherche, qu’elle soit quantitative ou qualitative, repose avant tout sur une compréhension profondément humaine des usages. Sur la capacité à relier des chiffres à des comportements réels. À transformer des verbatims, parfois contradictoires, en besoins utilisateurs actionnables.
C’est bien là que mon rôle prend tout son sens :
• Interpréter des données,
• Croiser des signaux faibles,
• Faire émerger des problématiques qui ne sont pas toujours explicitement formulées,
• Et traduire tout cela en décisions de conception.
Finalement, plus les outils IA Design deviennent puissants, plus cette phase devient précieuse.
Parce que sans empathie, sans cadrage et sans recherche solide, on ne fait qu’aller vite, mais pas forcément dans la bonne direction...

Au final,

Le design n’a jamais été un métier figé.
Les solutions de vibe coding ne redéfinissent pas ce qu’est le métier d’UX/UI Designer. Ils en révèlent simplement l’essentiel.
Quand les outils génèrent plus vite, la réflexion devient plus précieuse.
Et quand la technologie progresse, le rôle humain (échange, empathie, compréhension et décision) devient central.
Ces outils ne sont ni des menaces, ni des réponses toutes faites.
Ce sont, comme je l’ai évoqué plus tôt, des facilitateurs et des accélérateurs. Mais ils ne remplacent ni la recherche utilisateur, ni le cadrage UX, ni les arbitrages.
Il faut juste les apprivoiser et savoir les utiliser au bon endroit, au bon moment, et avec le bon recul.
Mon métier change. Comme toujours. Et continuera de changer.
Et c’est précisément pour ça que je continue à l’exercer avec passion, curiosité, exigence… et enthousiasme !.

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